Man of the Moon

MBF21
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Doom2

La plus grande base lunaire

Suite de Travelling to the Moon, Man on the Moon est le deuxième volet d’une trilogie consacrée à la Lune. Après avoir traversé une gigantesque base spatiale, vous voilà arrivé à destination : saurez-vous être l’homme de la situation ?

Cette map mise avant tout sur des affrontements ponctuels et des séquences très marquantes, le tout dans un décor lunaire. Elle propose également un boss inédit sous la forme d’un ennemi entièrement personnalisé.

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Man of the Moon

Article rédigé par apichatpong

Les mécanismes de la mémoire sont parfois pleins de surprises.

Deux ans après avoir découvert cette map de Yugiboy85 et juste avant de la lancer à nouveau, nous nous souvenions bien sûr de l’essentiel :

Man on the Moon (MOTM) est un prolongement remarquable (et assumé) de certains niveaux dus au mappeur américain Skillsaw (Lunatic, Valiant en premier lieu), une map longue et exigeante, remplie de secrets et autres zones à explorer…

Mais pour ce qui était des détails, soyons honnêtes, au-delà d’un souvenir très vif mais vague de s’y être régalé, force est de reconnaître que… Bref, la vieillesse est un naufrage.Et pourtant - puissance insoupçonnée des oeuvres les plus réussies - à peine entrés dans l’arène, contemplant notre vaisseau fraîchement aluni, le souvenir apparaît. La saveur aigre-douce, par instants très épicée, et l’odeur d’azote et de soufre de cette lune froide nous reviennent. Son hostilité aussi.

Sous la forme de souvenirs éclairs l’on se remémore pêle-mêle le couloir de la mort menant à la clé bleue, cet archvile vicieux sapant notre travail sur le chemin guerrier de la clé rouge, préparant le terrain à un cyberdemon et « quelques » démons bouffeurs d’espace, le « carré magique » en apéritif d’un combat « slaughter » des plus funestes pour l’obtention de cette satanée clé jaune, ces cauchemardesques chaingunners et pain elementals perpétuellement en embûche, surgissant au moment où l’on pense que le plus dur a été fait… Mais aussi le plaisir d’explorer ces corniches jalonnées de munitions, pharmacies et autres surprises, la superbe des lumières autant que celle des décors lunaires et technologiques, ce plasma gun qui se mérite… Enfin, SURTOUT, le fait qu’amorcer la descente vers le combat final, tout de vagues létales, ne saurait se faire sans avoir au préalable trouvé un BFG « secret », récompense d’une aventure au long cours.

Une chose est sûre, cette map imprègne sourdement mais sûrement, par ses combats et son atmosphère. Elle doit aussi être mise en perspective avec Travelling to the Moon (TTTM), création initiale de Yugiboy pour sa trilogie lunaire.La mécanique générale de MOTM semble, de prime abord, très proche de celle de TTTM. Si les textures et ciel de cette suite procurent une sensation d’apesanteur plus forte que ceux de leur prédécesseur (ce qui est bien normal, l'aventure de ce dernier prenant place sur Terre), le rapprochement des structures en quatre zones (bleue, rouge, jaune et verte) est inévitable. Certains diraient « comme dans toute map Doom !», certes, mais cela va un peu plus loin ici.

TTTM ressemble à un brouillon chaotique (mais d’une bien belle qualité ! Que les choses soient claires) de MOTM. Alors que la première s’ouvre dans l’anarchie de tirs croisés de hitscanners et se poursuit sur un rythme frénétique, MOTM avance par flux et reflux, avec une plus grande variété en matière de gameplay. On note la présence d’un plus grand nombre de combats orientés à la fois vers le puzzle et la survie, peut-être plus structurés, mais aussi de moments de relâchement sous la forme de massacres de foules d’imps, zombimen ou shotgunners au lance-roquette (nous ne l’avons pas encore précisé, le lance-roquette est l’arme de prédilection de ce WAD, du moins jusqu’à un certain point).

Par ailleurs, le flot de MOTM semble mieux maîtrisé. Si les différentes zones sont fondamentalement séparées, Yugiboy réussit, par des tours et détours - par connexité visuelle aussi -, à créer une impression forte d’interconnexion et donc d’unité. En plus du plaisir rythmique engendré, cela rend l’exploration plus naturelle encore que dans TTTM. Des divers membres de la communauté française Doom, Yugiboy est probablement celui qui travaille le plus la fluidité de ses niveaux et, à jouer son catalogue, on mesure à quel point il a su peaufiner cet aspect jusqu’à l’orfèvrerie atteinte avec Trust us, we’re science (Necromantic Thirst - 14).

Cet art semble d’ailleurs être devenu, chez lui, une seconde nature puisque, après les divers niveaux évoqués ci-dessus - niveaux qui lui ont demandé de longues heures de travail -, il s’est essayé, avec la même réussite, au « speedmapping » avec le superbe Villa de la Muerte puis le très fun Speed of Moon, court épisode qui, s’il ne clôt pas officiellement la déjà épatante trilogie « Moon », en serait peut-être l’épisode 2.5.

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore que vous découvrirez en y jouant, c’est avec le sourire aux lèvres, mais des lèvres humectées de gouttes de sueur, que l’on quitte cette monstrueuse base lunaire qui, à l’image de ses derniers instants, nous bouscule par son impétuosité de centrifugeuse et sa quiétude de mer étale.

Par apichatpong

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