Une grande allée vers l'Enfer
Mappeur ayant beaucoup contribué à la réalisation de Flesharmonic. Il a également participé au projet de speedmapping Architekt.

Article rédigé par apichatpong
Le 26 août 2026
Nixx est un autre fier représentant de la nouvelle vague émergente de mappeurs français ayant fait leurs armes sous l’égide de Datacore pour le projet Flesharmonic (2023). Exigeant et perfectionniste, il n’a pour l’instant proposé que cinq niveaux (plus une section de la map finale dudit wad) mais son entrée en matière aura été pour le moins fracassante.
Castle Fleshenstein et Hypothetical Gates, respectivement dixième et quatorzième maps de Flesharmonic, on en commun des accompagnements musicaux frénétiques appelés à servir des univers aux rythmes, pourtant, bien différents.
La première se joue sur deux rives. Si la plus éloignée d’entre elles, siège du monumental château de pierres et de chair, nous nargue depuis les premiers instants du niveau, il faudra pour la rejoindre explorer une zone délabrée, dont l’architecture extérieure ruinée, de rouge infernal, marbre ou pierres moyenâgeuses, parsemée de reliques lointaines et vains vestiges, perturbe autant qu’elle fascine.
Bien que recélant des combats violents, l’essentiel se joue ailleurs, dans le labyrinthique réseau souterrain qu’elle abrite, source de multiples combats trépidants dont l’on ressort rincé quoique - téméraire jusqu’au bout - prêt à franchir la mer de sang qui nous sépare de la forteresse. Celle-ci offrant une aventure faite de pièges mécaniques et d’explorations entravées par quelques sales bêtes, tous orientés vers un massacre échelonné en guise de final explosif.
Il ressort de ce niveau un sens du rythme, une maîtrise du design et de la géométrie des combats et, peut-être par dessus tout, un art de la mise en scène, bluffants pour un mappeur débutant (voire un mappeur tout court)... et Hypothetical Gates ne fera qu’enfoncer le clou !
Toute aussi folle, aussi variée que son aînée en matière de textures, elle s’avère plus expérimentale tant dans son architecture que sa cadence. La chute qui ouvre la map se fait vers l’inconnu d’une construction monumentale à la fois oppressante et anarchique, comme perdue dans le vide, mêlant gigantesques piliers et escaliers, bassins de laves, réminiscences doomesques (ici, formes de dimen sions parallèles bien plus que clins d’oeil), jardins de pierres et de peaux tannées, le tout oeuvrant à la création d’une atmosphère inquiétante et fantastique, parachevée par l’aspect désorientant et haché des multiples téléportations impromptues qui rythment notre parcours.
Nous sommes, ici, comme à l’opposé de Castle Fleshenstein : impossible de maîtriser le flux, on comprend vite et s’incline devant ces lieux altérés qui nous manipulent comme un pantin.
Ces deux niveaux en forme de coups de maître démontrent le talent et la maturité d’un mappeur esthète qui privilégie l’intensité et s’avère aussi d’une remarquable versatilité, confirmée par ses deux speedmaps pour les wads Architekt et son exercice de style, plus indulgent mais toujours réjouissant, pour Le Gars qui a fait Doom.
Par apichatpong